Investissements : perspectives 2013

 

C’est une première pour le blog, Julien DELAGRANDANNE, auteur du livre Construisez et gérez votre patrimoine avec succès – Guide pour s’enrichir lentement. . .mais sûrement !, me fait le plaisir d’écrire un article sur les perspectives d’investissements en 2013, et nous fait part de sa vision des choses.

Je précise seulement que Julien a une vision long terme de la gestion en patrimoine. Elle colle tout à fait à ma stratégie.

Son ouvrage exprime merveilleusement bien la manière dont il faut aborder le sujet, je ne peux que vous recommander sa lecture.
Je laisse la place à l’analyse de Julien DELAGRANDANNE :

 

 

Les perspectives 2013 sont à ce jour remplies d’incertitude :

 

En Europe, les marchés actions semblent valorisés à des multiples historiques relativement bas. Toutefois, les problèmes de déficit ne sont pas réglés : les pays du Sud sont en récession, la France est à l’équilibre mais n’a pas engagé assez de réforme structurelles, et on craint que l’Allemagne commence à marquer le pas.

De l’autre côté de l’Atlantique, on a des marchés actions globalement valorisés à des multiples plus élevés. La croissance est nettement positive encouragée par un début de réindustrialisation permise par l’exploitation des gaz de schiste qui procure une énergie bon marché. Il y a toutefois un “mais” : le déficit public reste malgré tout très élevé puisqu’il  frôle les 7% de PIB (les USA arrivent pour le moment à se financer malgré cela à des taux historiquement bas).

En parallèle, le quantitative easing 3 (QE3) ouvre la voie à encore plus de monétisation des dettes et les planches à billets continuent de tourner. Pour le moment, on ne constate pas de hausse de l’inflation au-delà du raisonnable, cette monnaie créée ex-nihilo circulant peu. On peut néanmoins penser qu’elle a contribué à soutenir en partie le prix d’actifs tangibles (actions, or, et immobilier par le jeu des taux de crédit maintenus bas).

Dans ce contexte, la stratégie qui semble la plus judicieuse à adopter est d’avoir une répartition de patrimoine bien diversifiée, c’est-à-dire sans composante vraiment majoritaire. Ci-dessous un exemple de patrimoine qui permettrait à son détenteur d’entamer sereinement l’année 2013 :

– 1. 30% Immobilier
– 2. 30% Actions
– 3. 40%  Liquidités, obligations, fonds euros

Les liquidités permettent d’éviter une baisse du prix d’actifs en cas d’aggravation de la crise. En revanche, on ne peut se contenter d’un patrimoine investi à 100% sur cette classe d’actifs, car il serait beaucoup trop exposé à une accélération de l’inflation. Même si celle-ci semble loin vue d’aujourd’hui, et que l’inflation par la demande semble être exclue, il ne faut pas écarter à moyen terme l’hypothèse d’une accélération de l’inflation par les coûts (produits importés des émergents, énergie) ou par excès de masse monétaire (effets des politiques d’assouplissement quantitatif). L’histoire montrant que quand l’inflation a commencé à accélérer, il est déjà trop tard pour s’en prémunir correctement…

 

Concernant la partie actions, quoi faire dans ce contexte pour ceux qui veulent étoffer leur portefeuille ?

 

– Si les marchés ne semblent par surévalués à l’heure actuelle, on ne peut pas non plus affirmer qu’ils sont globalement sous-évalués. On ne peut donc se contenter aujourd’hui d’acheter un panel d’actions représentatives (représentant tous secteurs d’activités : énergie, santé, consommation de base, TIC etc…) pour être quasiment gagnant à coup sûr à moyen terme, comme c’était le cas début 2009 ou à l’été 2011. Sauf à ce qu’un épisode de krach,  qui pourrait alors être mis à profit, ait lieu en 2013 ?

– Il faut donc plutôt allier le stock-picking et l’utilisation des corrections ponctuelles des marchés (voire idéalement de périodes d’excès de pessimisme comme nous en avons eu un fin mai 2012) pour acquérir soit :

1. Des actions de croissance à prix raisonnable. On peut noter que Danone ou Coca-Cola voire McDonald sont actuellement à des prix pouvant répondre à ces critères. Même si Danone a quelques problèmes en Espagne, ces 3 Sociétés réalisent une importante partie de leur chiffre d’affaires sur les pays émergents, gage de croissance future des profits.

2. Des actions décotées avec des Free Cash Flow Yield élevés et des  EV/Ebitda faibles lorsque des opportunités se présentent.  Il semble y avoir en ce moment une opportunité sur le secteur des technologies de l’information avec des titres comme Microsoft, Hewlett-Packard et Dell. (Ces 2 dernières étant moins des valeurs “père de famille” que la première : elles ont d’ailleurs nettement chuté ces derniers mois, d’où l’opportunité d’achat : le résultat ne sera connu qu’à horizon 3-4 ans une fois la restructuration de leurs activités menées à bien. Néanmoins, elles continuent à générer de denses cash flows ce qui leur laisse le temps pour cela…)
Enfin, étant donné le récent durcissement de la fiscalité, il faudra utiliser au maximum le PEA lorsque des opportunités se présenteront sur les marchés européens.

 

Encore une fois je remercie Julien de bien avoir voulu écrire un article sur les perspectives d’investissements pour l’année 2013.

Pour améliorer votre culture financière et investir en connaissance de cause vous pouvez vous offrir son livre.

(Pour les possesseurs de kindle, le tarif est lui très intéressant.)

 

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7 réponses sur “Investissements : perspectives 2013”

  1. Bonjour ! Merci beaucoup pour cette interview très instructive
    L’immobilier est cependant une véritable erreur, les logements se vendent de plus en plus lentement (surtout en la capitale) mais leurs prix ne chutent pas ! Une petite bulle sympathique qu’il serait dommage d’alimenter

  2. Il faut voir dans mes 30% immobilier de l’immobilier au sens large (résidentiel, commercial, SCPI, foncières cotées) et pas nécessairement acquis aujourd’hui…
    Pour qui n’a pas d’immobilier aujourd’hui, je ne conseille pas d’investir dans des biens résidentiels à faible rendement (ceux qui ont alimenté la bulle). Par contre, en étant soigneux dans le choix de l’emplacement et/ou en élargissant son horizon d’investissement (immobilier commercial, foncières cotées qui permettent d’investir à l’étranger, produits de rapport), ceux qui n’ont pas du tout d’immobilier peuvent encore trouver quelques produits à bon rendement…et donc qui s’en sortiraient mieux lors d’un retournement de cycle potentiel.

  3. Bonjour,

    Lorsque j’achète un bien immobilier, j’ai pour principe de ne jamais vendre et de faire en sorte au minimum de m’autofinancer.
    De cette manière, les cycles haussiers ou baissiers m’importe peu !
    Ma stratégie en Bourse est un peu différente, car les variations sont plus fortes (cf krachs de 2001 et 2008), donc lors de ces périodes, je suis hors marché ou presque.

    Et je n’anticipe pas les années à venir, car je ne le peux malheureusement pas 😉

    Alexandre

  4. Bonjour,

    L’immobilier à l’avantage qu’on sait assez vite si on a fait un bon investissement. En effet, on peut négocier à l’achat. Une chose est sûre, les loyer n’auront pas d’évolution brutale. Donc si après négociation de l’achat du bien on obtient une bonne rentabilité, c’est gagner et ce quelque soit l’état du marché. Ensuite, c’est vrai qu’un marché haussier permettra de revendre avec plus-value alors qu’un marché baissier obligera à garder le bien et donc de limiter les liquidité disponibles pour d’autres investissement. Néanmoins si le rendement est bon dès le départ ; pas de problème.

    Pour la bourse, c’est une autre histoire, car à moins d’être un très gros, on ne négocie pas les valeurs. Donc la stratégie est différente. l’avantage, c’est qu’elle est sous côté aujourd’hui. Donc, immobilier ET bourses ne sont pas dénués de sens aujourd’hui.

  5. @ Julien

    Je ne suis pas convaincu de l’intérêt d’investir dans les SCPI.
    Même si le rendement est intéressant, la part, elle, est à un prix élevé, de plus les frais sont conséquents.
    Un avantage évident est la possibilité d’emprunter mais même avec cette stratégie je suis sceptique.
    Ne vaut-il pas mieux attendre quelques années que le marché se stabilise ?

  6. @ Alex

    C’est bien sûr la meilleure stratégie. Il y a certaines régions où il est très difficile de trouver des biens qui s’autofinancent.

    @ Quentin

    Je rejoins ta conclusion, seulement,pour l’immobilier je te renvois à mon commentaire précédent, il est plus ou moins facile de trouver des biens à des rendements corrects selon la région où tu te trouves.

  7. @Quentin.

    Même si on ne peut pas négocier en bourse, le marché n’étant pas rationnel ça n’empêche pas d’avoir des opportunités sur des valeurs individuelles. Pour faire le parrallèle en immobilier où la bonne affaire se fait à l’achat lorsqu’on sécurise un bon rendement locatif, le bon investissement en bourse se fera au moment où on achète un actif décoté : c’est-à-dire quand le prix proposé par Mr Le MArché est inférieur à la valeur intrinsèque de l’entreprise.

    @Arnaud

    Pour les SCPI, elles ont en effet peu d’intérêt achetées comptant. On trouve en effet des foncières cotées de taille moyenne avec une meilleure décote sur leur actif net réévalué (les bonnes SCPI ayant même plutôt une surcote sur leur ANR). De plus, les foncières cotées n’ont pas, elles, les coûteux frais d’entrée propres aux SCPI.

    A crédit, ça peut se défendre à des fins de diversification pour celui qui a une taux marginal d’imposition adapté avec comme :
    – avantages : diversification des biens, biens professionnels (rendement moyen > rendement moyen des biens résidentiel) & éviction + facile des mauvais payeurs.
    – inconvénients : avenir des biens professionnel à long terme (développement du commerce en ligne pour les murs de magasins, télétravail pour les bureaux etc…?), frais de souscription à amortir.

    Tout dépend en fait du but recherché. Les SCPI restent à regarder pour ceux qui ne veulent pas trop s’embêter avec des soucis de gestion et souhaitent investir à crédit (objectif de diversification sur une proportion assez faible du patrimoine). Il faut néanmoins sélectionner des SCPI de qualité, bien gérées, et avec un patrimoine constitué au moins en partie de biens aux normes et avec des baux récents.

    Mais pour faire une très bonne opération, il n’y a pas de secrets : il faut squizzer le + possible d’intermédiaires et faire des efforts (exemple : recherche d’un bien ancien correctement placé mais avec gros travaux qui au final donnera 10% de rendement brut). Et les SCPI ne rentrent effectivement pas dans ce cadre…

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