La crise profite aux jeux d’argent

 

Les jeux d’argent sont des sujets intéressants à analyser quand l’on s’intéresse aux finances personnelles.
Les quelques chiffres que j’ai trouvés datent de 2011, c’est apparemment normal, ce fut une année record.
Les Français ont misé cette année là, près de 32 milliards d’euros, dans les lotos, tiercés et autres jeux en ligne.

 

Loto
 

Un record malgré la crise :

 

Le bon sens populaire aurait pu annoncer la mort des jeux de hasard, des casinos et des jeux en ligne avec une crise comme celle que l’on connaît actuellement, mais il en est rien, bien au contraire.

La crise, au contraire semble être la raison de cet engouement.

Je dois avouer que je ne suis pas surpris, en temps de crise, plutôt que de rester raisonnable et de commencer à épargner et à investir, une partie des Français préfère rêver et croire en un gain facile, rapide et important en attendant le résultat du loto. Pouvoir effacer d’un seul coup tous ses soucis et espérer vivre autrement, c’est la croyance de nombreuses personnes.

L’analyse de Denis Muzet, président de l’institut Médiascopie est la suivante : « Dans un contexte de souffrance due à la crise, le jeu a, pour les Français, une double fonction, celle du rêve et celle de la consolation. »

Le saviez-vous, la Française des jeux est la deuxième loterie mondiale. Elle a un réseau de plus de 35 000 points de vente, c’est une affaire qui fonctionne bien.
C’est vrai qu’il est difficile de ne pas tomber nez à nez avec un tabac presse vendant ces jeux, même dans un petit village.

La communication autour des jeux d’argent est souvent très bien faite, on se prend rapidement à rêver, à se voir millionnaire.
La crise accentue cet effet, c’est pourquoi les Français se laissent plus facilement tenter par un loto ou un ticket de grattage.

Peut-être que ce n’est pas un problème si on joue une fois de temps en temps et que l’on en a les moyens, mais pour certaines personnes, c’est une partie importante de leurs revenus qui passent dans les jeux. On peut se demander quelles sont réellement les motivations des joueurs ?

Jean-Pierre Martignoni, Ethno-sociologue nous soumet « la théorie de la pauvreté », « Plus on est pauvre, plus on joue ; plusieurs études ont déjà montré une corrélation entre la baisse des revenus et la hausse du jeu.»

Enfin, la palme du record des gains revient à l’État à qui les jeux d’argent rapportent approximativement cinq milliards d’euros par an.

Les jeux d’argent apportent beaucoup de rêve, je dois le reconnaître. Seulement, si la grande majorité des gens ont conscience d’acheter du rêve, une partie, certes minime, s’y accrochent et dépensent des sommes déraisonnables.

Personnellement, je ne suis pas un joueur, je préfère investir mon épargne, même si c’est quelques euros, dans des placements financiers. Les rares occasions où cela m’arrive de jouer, c’est dans une optique plus conviviale, quand mes collègues me proposent de participer à un jeu en commun tel que le loto.

Comment voyez-vous les jeux d’argent ? Êtes-vous joueur ? Préférez-vous utiliser votre argent à d’autres fins ?

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6 réponses sur “La crise profite aux jeux d’argent”

  1. Il fut un temps durant lequel j’ai joué à l’Euromillions, espérant cocher les bons numéros, rêvant de sommes folles à dépenser et revenant sur terre dès le tirage passé …
    Je n’ai jamais été accroc aux jeux mais j’ai dû y jouer 3 semaines de suite … Bilan : une rentabilité très médiocre et comme tu l’évoques il vaut mieux placer ses quelques euros sur un livret A c’est encore mieux 🙂 Pour moi la déception du “non-gain” est plus forte que “le rêve” de l’avant tirage donc j’ai vite remisé les jeux de hasard au placard !

  2. La probabilité de gains est tellement faible… jouer de temps en temps, pour le “fun” peut se comprendre…mais en faire une activité régulière, en y mettant beaucoup d’argent est une activité financière risquée.

    herve

  3. Pour les jeux d’argent, l’espérance de gain est de toute façon inférieure à la mise. Je m’explique :
    Pour 10 € mis dans les jeux d’argents, il y a une partie qui va aux frais de fonctionnements (distributeurs, FDJ,…), une partie qui part en impôts et un finale, même le gagnant touche moins que la totalité de la somme investit par tous les joueurs.

    Donc, quoi qu’il arrive, les jeux d’argent sont un investissement à rendement NEGATIF !
    En plus de cela, la répartition est très inégale.

    Pour la petite histoire, un joueur me disais un jour : la bourse ? c’est trop risqué pour moi. Tu peux tout perdre du toujours au lendemain.

    A raison de 2€ par jour depuis 15 ans, ce joueur avait déjà perdu 10950 € ! Pour perdre autant en bourse, il aurais fallu que mes actions perdent 50%. 9a arrive, sur certaines, mais dans ce cas, je ne vend pas !

  4. Je m’applique la règle des 4 quarts, 1/4 PEL pour l’achat de ma résidence principale, 1/4 AV, 1/4 bourse et le dernier quart pour me faire plaisir, il m’arrive de jouer pour me faire plaisir mais très rarement, je peux estimer mes pertes à moins de 500€ en jeu de hasard sur 10 ans.
    L’argent n’est pas une fin en soi ce qui compte c’est protéger son bonheur et de ceux qu’on aime,une fois que j’aurai acheter la résidence familiale, je serai beaucoup moins rigoureux avec mes dépenses et donc moins regardant sur mes dépenses.
    je garde aussi comme objectif aussi d’atteindre le plafond de versement sur mon PEA 🙄

  5. @ Hicham

    J’aime beaucoup la notion de “protéger son bonheur”. Il est vrai que l’argent où la sécurité qu’il apporte y contribue fortement.

  6. Paris, Macao, la Tour Eiffel…et Anne Hidalgo
    Alors que Paris a rejeté le projet d’un casino parisien, Macao inaugure un gigantesque resort – The Parisian – qui exploite les symboles de notre capitale
    ***
    Jean-Pierre G. MARTIGNONI-HUTIN Jr
    (Sociologue, Chercheur associé au Centre Max Weber, Université Lumière (Lyon II)

    ——–

    Alors que les pouvoirs publics et Anne Hidalgo ont rejeté il y a quelques mois avec légèreté et sans débats, l’implantation d’un établissement de jeux à Paris, Macao inaugure un casino qui – dans une belle ironie – exploite les symboles de notre capitale et l’image de la France. La filiale chinoise du groupe américain Las Vegas Sands a ouvert dernièrement à Macao The Parisian, un gigantesque casino resort : 400 tables de jeu, 2500 machines à sous, 3.000 chambres, un parc aquatique, un théâtre de 1.200 places, 5200m2 d’espaces de congrès, une salle de bal qui peut accueillir 2600 invités, 7 restaurants gastronomiques qui offrent des cuisines française, chinoises, cantonaises ; un spa, un centre de fitness, un club pour enfants, une piscine, un centre commercial de 30 000 m2…

    Shelton Adelson et Robert Goldstein optimistes pour Macao

    Un projet gigantesque réalisé en 5 ans pour un coût de 2,9 milliards de dollars, selon Shelton Adelson le CEO* du Las Vegas Sands : « Même si c’est un immense casino, The Parisian est aussi un grand centre commercial et festif. Il exploitera d’autres marchés que le jeu, en accord avec le gouvernement de Macao qui veut changer la réputation de la zone. Le gouvernement de Macao souhaite que le jeu ne représente pas plus de 9% de l’activité totale de l’hôtel. Nous sommes le premier opérateur à avoir mis un focus sur les autres marchés» a précisé le directeur général du groupe.( cité par Business Traveler France du 15/9) Malgré une baisse des revenus liés au ralentissement de l’économie chinoise et à sa politique de lutte contre la corruption, Shelton Adelson et Robert Goldstein ( son COO**) sont optimistes quant au futur de « l’industrie des loisirs » dans la « Région administrative spéciale de Macao de la République populaire de Chine » (RASM), nom officiel de Macao depuis décembre 1999.
    Macao…Leonardo… Di Caprio… De Niro…..et le président chinois Xi Jinping !!
    En 2013 les casinos de Macao ont engrangé 45 milliards de dollars, 7 fois plus qu’à Las Vegas. Mais ensuite le produit des jeux a baissé à cause du ralentissement de la croissance chinoise et de la campagne anti-corruption du président Xi Jinping, Macao étant pour l’instant la seule région chinoise où le jeu est légal. Pour se relancer ce « territoire » ( composé de la péninsule de Macao , 9,3km2 ; des iles de Taipa, 6,8km2 ; Coloane, 7,6km2et de l’isthme de Cotai (5,8km2) a investi dans de nouvelles infrastructures (pont, transport notamment) et a favorisé les investissements dans les casinos qui visent désormais davantage les classes moyennes. Outre le Parisian, plusieurs réalisations grandioses ont émergé ces derniers mois. En août 2016 le « Wynn Palace » avec son lac géant, ses fontaines musicales, ses télécabines… En octobre 2015 avec « Studio City » – équipé de la plus grande roue d’Asie et d’un simulateur de vol inspiré de Batman – complexe inauguré par Leonardo Di Caprio, Martin Scorsese et Robert De Niro. D’autres projets sont prévus , Galaxy Entertainment (1) annonce un parc à thème unique en son genre à « Macau », nom portugais de « Macao ».
    Paris débarque à Macao
    La presse française et mondiale ne s’y est pas trompée et a salué largement l’événement. Extraits : « Macao s’offre la Tour Eiffel avec un nouveau casino géant « précise Philippe Bertrand dans Les Echos (13/9) ; « “The Parisian” offre à Macao la Tour Eiffel qui lui manquait » confirme Le Parisien (13/9) ; « Casino à Macao : trois milliards de dollars pour un vrai petit Paris » ajoute Charles Gautier dans Le Figaro (13/9) « C’est Paris dans Macao (Paris in Macau) » affirme Today online ( 13/IO) ; « Paris débarque à Macao ! » ose même Louise Berthoux dans The Good live ( 22 /9) De nombreux autres sites spécialisées dans les voyages ont également couvert l’événement, par exemple Business Traveler France : « Ouverture du casino Parisian à Macao »(15/9) Si l’événement a été autant relayé par les médias, c’est parce que cette réalisation est d’envergure mais également emblématique par la symbolique et l’image des deux villes concernées : Macao l’ancien comptoir portugais surnommée « l’enfer du jeu » ; Paris, « la plus belle ville du monde ».(15/9)
    The Parisian exploite « l’ambiance parisienne » –
    Avec sa réplique de la Tour Eiffel (moitié moins grande que l’originale mais très impressionnante de jour comme de nuit) un décorum rappelant le château de Versailles, une tenture du couronnement de Napoléon, des magasins inspirés de Paris, des artistes de rue… The Parisian exploite « l’ambiance parisienne » – avec notamment une reconstitution de la place Vendôme – et plus largement, surfe sur les symboliques contemporaines et historiques de Paris et de l’Histoire de France. Certains trouveront cela kitch, de mauvais goût, non conforme à l’original, mais après tout pourquoi pas. Las Vegas l’a déjà fait avant avec succès ( voir encadré ci-dessous). Les casinos à thème attirent que cela plaise ou non.
    Le Paris Las Vegas ..à Las Vegas
    Le « Paris Las Vegas » est un hôtel casino situé au centre du Strip de Las Vegas en face du Bellagio. L’hôtel mesure 112 mètres. Il a coûté 760 millions de dollars et 4 200 employés y travaillent. L’architecture et la décoration intérieure sont inspirées de Paris et de ses célèbres monuments. La réplique de la Tour Eiffel située devant l’hôtel mesure 165 mètres. Sa terrasse panoramique abrite un restaurant, le Eiffel Tower Restaurant. À l’origine, cette réplique devait être aussi haute que l’originale, mais la proximité de l’aéroport a rendu le projet impossible. Le décor comporte aussi des reproductions de l’Arc de triomphe, la Fontaines des Mers de la place de la Concorde, l’aérostat des frères Montgolfier (enseigne lumineuse).Le bâtiment principal fait référence à l’opéra Garnier et au Louvre. L’hôtel comporte 3000 chambres et des dizaines de suites avec des noms qui font rêver…les américains : The Napoléon Suite, The Louis XV Suite, Paris Marseille Suite, Paris St.Tropez, Paris Nice Suite, Paris Red Room , Paris Luxury Suites.…Le casino dispose de 90 tables de jeux, de 1 700 machines à sous sur une surface de 7 896 m2 . L’hôtel comprend également plus de dix restaurants qui portent des « noms très français » : Mon Ami Gabi, Lenôtre, Le Provençal, Le Village Buffet du Parc, Le Café Île St. Louis, JJ’s Boulangerie, La Crêperie…Le casino dispose par ailleurs d’une boîte de nuit (le Risqué de Paris), d’une chapelle de mariage (Paris Chapel), d’un Spa, d’un centre commercial (Le Boulevard at Paris) de deux jacuzzi. L’hôtel bénéficie aussi d’une piscine au bord de la Tour Eiffel avec un décor qui reprend l’idée « des jardins à la française ».

    Rien de va plus : La « frondeuse » de l’hôtel de ville Paris n’aime pas les casinos, mais inaugure une salle de shoot
    Ce dynamisme, cette audace, cet optimisme de Macao, raisonnent d’autant plus fort que Paris s’est refusé il y a quelques mois, le bénéfice d’exploiter ses multiples atouts, en implantant un casino dans la capitale. On se souvient qu’Anne Idalgo, qui se répand souvent dans les colonnes du Monde ou des Echos (2) parce qu’elle n’a pas assez « d’argent(3) pour sa ville, avait rejeté ce projet non sans un certain mépris. Suite au rapport du Préfet Duport, favorable au projet, elle avait pourtant une belle occasion d’installer un casino international à Lutetia Parisiorum. En tant que Maire de la première ville de France, sa voix aurait compté. Mais la « frondeuse de l’hôtel de ville » (4), épinglée par le Canard Enchainé sur sa gestion (5), a répondu avec légèreté que « ce n’était pas sa tasse de thé »(6). Etonnant, choquant même mais surtout pas très responsable de la part d’une responsable politique nationale dirigeant la destinée d’une ville internationale, qui, en outre, vient d’être élue présidente du réseau des villes mondiales(7).
    Pour « boucler son budget » (8) – elle cherchait 400 millions afin d’ équilibrer les comptes de la ville – la Maire de Paris a eu d’autres idées – très socialistes – :
    • augmentation des droits de mutation sur les ventes immobilières
    • imposition des résidences secondaires
    • introduction d’une taxe de séjour sur les plateformes de réservation hôtelière style Airbnb
    • augmentation du nombre de PV pour les automobilistes qui vont être ravis… car Madame Hidalgo avait déjà augmenté les tarifs de stationnement, supprimer la gratuité des parkings le samedi et en août.
    Certes, on ne s’attendait pas à ce que la première femme maire de Paris devienne le « Kirk Kerkorian de la capitale » (9). Mais la successeuse de Bertrand Delanoë aurait pu abandonner un instant sa position idéologique sur les jeux d’argent, et notamment sur les casinos, pour étudier le dossier, Paris étant – comme l’a précisé Jean-Pierre Duport – « la seule capitale européenne à ne pas avoir de casino, avec Rome »(10) « C’est le sens de l’histoire » avait ajouté Ari Sebag, l’un des dirigeants du groupe Partouche qui a toujours eu une vision sur le métier. Cependant la « profession » – qui aurait dû davantage se mobiliser pour défendre ce projet – était, comme souvent, divisée.
    Anne Hidalgo/Carolyn Goodman ( maire de Las-Vegas)
    Un casino à Paris, l’affaire aurait fait grand bruit dans le reste du monde. Un tel établissement aurait attiré les Parisiens assurant un fond de clientèle récurrent. (Au passage, les habitants de Paris en ont peut-être un peu marre de faire des bornes pour flamber sur les tapis verts et sont peut être un peu las d’être pris pour des joueurs irresponsables, susceptibles de ne pas savoir gérer leurs dépenses ludiques. L’interdiction ancienne – le fameux rayon de 100 kms sans casino autour de Paris – apparaît vieillotte et peut évoluer.
    Mais un casino made in Paris serait certainement devenu un casino international prestigieux, peut être l’un des premiers au Monde, vu l’attractivité de la capitale et la présence de nombreux touristes et visiteurs ( chinois, asiatiques, américains, russes …… ) qui généralement ne viennent pas les poches vides quand ils fréquentent Paris pour le tourisme et les affaires. Les millions de touristes chinois qui visitent notre pays (2,2 en 2015) représentaient une cible particulièrement attractive pour un futur casino parisien. Ils dépensent actuellement en moyenne 3500 euros mais ils étaient limités par des contraintes réglementaires et sécuritaires. Une innovation majeure va leur permettre désormais de dépenser beaucoup plus en toute sécurité et sans transporter de liquide. Aliplay, filiale Alibaba, lance une application Smartphone leur permettant de dépenser jusqu’à 30 000 euros quand ils voyagent à l’étranger ( 11).
    Un rapprochement avec Las Vegas et le casino parisien était aussi dans l’ordre des choses. Un partenariat aurait certainement pu être engagé avec Carolyn Goodman (maire de Las-Vegas) et les grands groupes casinotiers américains (Caesar Entertainment, MGM, Las Vegas Sands…) pour exploiter la symbolique des deux villes. Un « package ludico-festif et historico-culturel Las Vegas/Paris » étant susceptible de séduire de nombreux américains qui adorent la France et Paris et sont souvent de grands flambeurs.
    Une telle exploitation aurait certainement rapporté de précieuses devises à la mairie de Paris et à l’Etat, sans forcément déshabiller d’Enghien (700 salariés). Certes le syndicat FO des casinos & cercles était contre ainsi que Philippe Sueur (le maire de la ville) et la profession était divisée. Mais une concertation positive aurait pu mettre tout le monde d’accord. Sans même parler des emplois directs, un tel projet aurait également boosté le commerce (luxe, hôtellerie, restauration…) et l’économie des spectacles parisiens. Il s’inscrivait en outre dans « la modernité des villes mondes comme Paris », belle formule utilisée par Anne Hidalgo dans le cadre son projet concernant le « statut de Paris » (12) Au final, un tel manque d’ambition apparaît consternant. « C’est aberrant » a précisé Ari Sebag.

    Jacques Myard , Régis Juanico et la Politique Des Jeux de la France

    Ce pied de nez fait par Macao à Paris avec l’ouverture du Parisian, souligne lourdement la sclérose et la frilosité de la France et de certains de ces dirigeants, qui ont érigé en dogme le « principe de précaution », dans ce domaine de l’industrie des jeux comme dans de nombreux autres secteurs économiques.
    Néanmoins, nous resterons optimiste car rien n’est joué. Les prochaines échéances électorales risquent de confirmer la déroute de la gauche, du PS et du « Président Normal pas ni normal que ça ». Si la droite revient aux affaires, elle pourra réétudier sérieusement le dossier.
    Par ailleurs on sait que deux députés (Régis Juanico et Jacques Myard) travaillent depuis plusieurs mois sur les jeux d’argent dans le cadre du Comité d’Évaluation et de Contrôle des politiques publiques (CEC) de l’Assemblée nationale. Cette commission sera épaulée par un rapport de la Cour des Comptes, qui dressera un état du secteur. Jacques Myard a déjà travaillé sur la question. Il connaît bien le dossier des jeux et a questionné dernièrement avec force Christian Eckert (le très austère secrétaire d’Etat chargé du Budget et des Comptes publics) sur les paris hippiques et la Politique Des Jeux, ou plutot, comme il l’a dit sur les bancs de l’Assemblée Nationale le 7 octobre 2016, sur « l’abscense de Politique Des Jeux du gouvernement ». Nous ne savons pas si le député-maire de Maisons-Laffitte est favorable au projet de casino parisien mais nous savons c’est un pragmatique en matière d’emploi, de développement…et de fiscalité. Installer un casino à Paris ce serait une bonne manière d’augmenter l’impo ludique, « un impot démocratique et volontaire » aux multiples vertus ( confer notre article : « L’impot ludique un impot démocratique » (13)

    Un patrimoine casinotier français qui pourrait être davantage valorisé

    Souhaitons pour conclure que l’Etat profite de ces travaux de la commission Myard/Juanico et du rapport de la Cour des comptes pour lancer des Etats Généraux du gambling casinotier afin que la Politique Des Jeux de la France ne soit plus prise en otage par certains hauts fonctionnaires, certaines associations familiales rigoristes, certains addictologues opportunistes…
    Souhaitons également que le gouvernement et Bercy revoient leur copie en matière de politique de « Recherches » sur les casinos et les jeux d’argent en général. Que le responsable des études de l’observatoire des jeux – Jean Michel Costes – soit l’ancien directeur de l’observatoire des drogues et des toxicomanies, laisse pantois et en dit long sur ce que pense les socialistes des jeux de hasard et d’argent. Quelle belle image pour l’économie des jeux d’argent (loteries, paris hippiques, casinos, jeux en ligne) d’être associé à la drogue et encore dernièrement au cannabis grâce à Terra Nova et à nouveau Jean-Michel Costes(14).
    La doxa du jeu pathologie maladie a progressivement envahi tout le champ ludique concerné. La politique de santé publique et de lutte contre l’addiction ( grassement financée, jamais évaluée) dicte la « Politique Des Jeux de la France » ( confer notre article : “Une sociologie du gambling contemporain » publié dans la Revue Pouvoirs : revue française d’études constitutionnelles et politiques (15)
    Cette soi-disant politique de jeu responsable n’a pas empêché la Française des jeux de surperformer …depuis que cette lutte contre le jeu excessif a été lancée. « La patron on est mal, y’a un problème !! » La nouvelle donne politique, qui sortira prochainement des urnes doit balayer cette mascarade et cette usine à gaz.
    Souhaitons finalement que la profession casinotière, ses figures emblématiques et ses syndicats professionnels, « balaient devant la porte de leurs 200 casinos « et s’interrogent sur la valorisation de son activité et de ses métiers. Si les casinos ne sont pas en « odeur de sainteté » ( et cela ne date pas d’hier !) cela provient certes des politiques et de leur hypocrisie (16 )mais aussi de la profession, pour partie responsable de cette situation. Des études, recherches, publications, actions médiatiques communes… pourraient être réalisées par le biais d’une Fondation et d’un think tank. Tous les secteurs économiques le font, pourquoi pas les casinos ? Même si les groupes sont en concurrence, ils ont un produit commun. En d’autres termes, comme l’indiquera notre prochaine contribution « la France le pays des casinos possède un patrimoine casinotier exceptionnel… qui pourrait davantage être valorisé ». (17)

    Jean-pierre.martignoni@univ-lyon2.fr

    Notes :

    1. « Galaxy Entertainment annonce un futur parc à thème unique en son genre à Macau » (jeuxcasino.com du 10/3)
    2. Finances locales « Paris : comment Hidalgo veut boucler son budget : la maire de Paris cherche 400 millions d’euros pour équilibrer ses comptes, elle propose une hausse des droits de mutation…et plus de PV « Les Echos du 14 octobre 2015)
    3. « Paris est aujourd’hui dans l’ère de la sobriété ; la maire estime n’avoir plus de marges de manœuvre financières « ( Les Echos 29 juin 2015
    4. « La frondeuse de l’hôtel de ville : Anne Hidalgo présente ses veux à la presse, elle n’hésite pas à tenir la dragée haute à F. Hollande et à M. Valls » » ( Le Parisien aujourd’hui en France 26 janvier 2016, page 9)
    5. « Anne Hidalgo : la grosse dette : elle a de grandes ambitions pour Paris mais aussi pour elle même, qui font dire à la Cour des Comptes, comme à ses détracteurs qu’elle dépasse ses moyens » (Le canard enchainé n° 4989, 8 juin 2016)
    6. « Paris: Anne Hidalgo pas enchantée par un retour des casinos dans la capitale » ( 20 minutes.fr , 26/5/2015)
    7. Anne Hidalgo élue à la tête du réseau de villes mondiales le C40 » ( Le Monde 8/8/2016)
    8. « Paris comment Hidalgo veut boucler son budget » (Les Echos du 14/IO/2015)
    9. Figure historique et emblématique de Las Vegas et du gambling casinotier international, Kirk Kerkorian a disparu en 2015. Le « roi de Las Vegas » possédait la moitié des chambres du « strip » et les hôtels casinos les plus prestigieux de la cité du péché : Caesar Palace Bellagio, Mirage, Mandala Bay, Luxor, Circus Circus… .« Ce bâtisseur aux multiples passions « ( voiture, cinéma) a commencé sa carrière à sin city dès 1962, il est mort à 98 ans avec une fortune estimée à 4,2 milliards de dollars » ( sources : l’article de Lucie ROBEQUAIN dans les Echos qui a consacré un portait à « cet amoureux du risque » Kirk Kerkorian (Les Echos – bureau de New-York – 17 juin 2015)
    10. L’Etat renonce à ouvrir rapidement des casinos à Paris (Denis Cosnard , Le Monde économie 11/6/2015)« Rien ne va plus pour l’ouverture de casinos à Paris »(LE MONDE ECONOMIE | 22.05.2015 Simon Piel et Denis Cosnard)
    11. « Avec Aliplay, les touristes chinois pourront dépenser sans compter » (Adeline Daboval, Le Parisien économie, 20/IO/2016)
    12. « Anne Hidalgo s’attaque au statut de Paris « ( Le Monde 23 septembre 2015, page 7)
    13. : «L’impot ludique un impot démocratique : Les jeux de hasard & d’argent : un impôt démocratique dont l’Etat Croupier ne devrait pas avoir honte » » (19 pages, 60 notes, juin 2016, publié sur lescasinos.org du 20 juin, Casinos Legal France du 29/6/2016)
    14. JP Martignoni : « ARJEL, JEU & CANNABIS : l’imposture intellectuelle de Terra Nova » (octobre 2016, 7 pages, 21 notes) publié sur lescasinos.org du 12/10/2016)
    15. Confer notre article : Jean-Pierre MARTIGNONI-HUTIN, “Une sociologie du gambling contemporain”, (Pouvoirs, revue française d’études constitutionnelles et politiques, n°139, 2011, p.51-64. )
    16. Hypocrisie résumée dans la célèbre phrase d’ Alain Bocquet (qui fut président du groupe communiste, maire de Saint-Amand-les-Eaux, bastion historique d’Isidore Partouche ) : «Je suis contre les casinos. Sauf à Saint-Amand.» Ce à quoi I. Partouche a répondu du tac au tac : « qu’il n’aimait pas les communistes sauf dans les villes ou il avait des casinos » Confer également l’hommage rendu récemment à Isidore Partouche à Saint Amand ou désormais une place porte son nom. (« Isidore Partouche s’est fait une place à Forges » L’éclaireur la dépêche du 6/4/2016
    17. JP Martignoni : « La France : le pays des casinos : LA FRANCE POSSEDE UN PATRIMOINE CASINOTIER EXCEPTIONNEL…. QUI POURRAIT ETRE DAVANTAGE VALORISE » (a paraître, novembre 2016, 5 pages)

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    • * : directe * chief executive officer (CEO) : directeur général
    • ** : Chief Operating Officer (COO) directeur d’exploitation

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